Un monde qui ne voulait plus de moi
Paris, un soir d’hiver. La porte se referma derrière moi dans un bruit sec, presque banal, mais qui fendit ma vie en deux. J’avais seize ans. En une seconde, l’enfance s’effaça, remplacée par une solitude si vaste qu’elle semblait avaler la rue entière. Je descendis l’escalier lentement, comme si chaque marche m’éloignait d’un monde qui ne voulait plus de moi. Dehors, la ville brillait d’une beauté indifférente. Les réverbères tremblaient dans la brume, les voitures glissaient en silence, et je marchais sans savoir où aller, porté seulement par une force obscure que je ne comprenais pas encore. Il y a des nuits qui ne ressemblent à aucune autre. Des nuits où quelque chose bascule, sans qu’on sache quoi, ni pourquoi.
Une vie aussi extraordinaire qu’atypique.
Je ne savais pas que cette errance serait le premier pas d’une odyssée faite de rencontres fulgurantes, de fortunes soudaines, de tempêtes en mer, de trahisons, de prisons, d’amours impossibles et de renaissances inattendues. Je ne savais pas non plus que, derrière chaque chaos, un fil invisible tirait déjà les événements les uns vers les autres, un fil que Carl Jung avait pressenti, que le Yi‑Jin allait un jour m’aider à comprendre. Cette nuit-là, je n’ai pas seulement perdu un foyer. J’ai franchi le seuil d’une histoire qui me dépassait.
En quête de notre propre reflet chez l’autre
Une histoire où chacun, un jour ou l’autre, reconnaît quelque chose de lui-même, sans toujours savoir pourquoi.
Nos actes nous échappent parfois, deviennent insensés, et nous tournons nos regards vers les autres pour tenter de nous traduire nous-mêmes.
Parfois, nous allons jusqu’à chercher notre propre reflet chez un autre, espérant enfin trouver cette compréhension que le silence de notre âme nous refuse. Nous traversons tous des épreuves et des joies qui nous façonnent, éprouvant des sentiments que nous pensons uniques. Mais au fond, ne cherchons-nous pas tous la même chose ? Trouver cet autre qui, par son vécu, partage la même fréquence émotionnelle et nous donne enfin le sentiment d’être compris.
J’écris pour transmettre
Ce n’est pas un règlement de comptes. Ce n’est pas un manuel spirituel. C’est un témoignage. Le témoignage d’un homme qui a vu l’invisible frapper à la porte du réel. C’est homme, c’est moi ! Je n’écris pas pour convaincre. Je n’écris pas pour enseigner. J’écris pour transmettre ce que j’aurais aimé comprendre plus tôt :que derrière le chaos apparent, il existe un ordre. Que derrière la souffrance, il existe un sens. Que derrière la matière, il existe une conscience. Et que derrière chaque vie, il existe un plan et voici le mien.
Dominique y décrit une suite infernale d’évènements consécutifs et ininterrompus, entre l’âge de 16 et 25 ans. Un cycle si terrible qu’il n’aurait osé le souhaiter à son pire ennemi de le vivre. Lorsque son père lui interdit de franchir le seuil de sa maison, en lui offrant l’hébergement un petit hôtel prépayé durant deux mois, ce fut pour lui un choc si terrible, qu’il marqua de par les évènements qui s’en suivirent sa vie à jamais. A 16 ans, mineur émancipé, se retrouver seul en plein Paris, sans rien devant ou derrière lui, fut une épreuve insoutenable le forçant à trouver et utiliser tout stratagème afin d’assurer sa survie. Cette situation l’amena à démarrer sa vie d’adulte avec une dizaine d’années d’avance.